Dans la lignée des Petits contes de printemps, voici un autre recueil de nouvelles, mais qui cette fois donne plus dans le genre fantastique, et toujours avec une pointe de poésie. J'ai découvert l'auteur, Ryūnosuke Akutagawa, à la lecture de ce livre.
Le livre que j'ai acheté (folio 2 €) n'est en fait qu'un extrait de l'oeuvre complète du même nom (il n'y a que 4 contes sur 15), mais ça a été pour moi une bonne introduction à cet auteur dont l'univers paraît sombre et inquiétant, voire parfois cruel.
Il y a une bonne intrigue tout au long de chaque nouvelle, mais ne vous attendez pas à
une chute spectaculaire, et encore moins à une morale, il n'y en a tout simplement pas !
C'est toutefois ce qui fait pour moi le charme de cette oeuvre où l'auteur est libre de tirer
ses propres conclusions.
Le livre commence avec Rashômon, une "reprise" d'un récit du XIIIème siècle. L'histoire d'un homme miséreux qui, pour se protéger de la pluie, s'abrite sous une porte, ruine transformée en charnier. C'est alors qu'il aperçoit, parmi les dépouilles, une vieille femme en train d'arracher les cheveux aux cadavres...
Vient ensuite Figures infernales, ou comment un peintre excentrique, au caractère vulgaire, insolent et orgueilleux, va être puni pour son oubli d'affection paternelle, ultime arrogance de ses sacrifices pour son art. C'est la nouvelle que je préfère dans ce livre.
Dans le fourré est d'un genre un peu spécial. L'auteur y relate, suite à la découverte d'un corps poignardé, des dépositions plus ou moins contradictoires de différents témoins (y compris la victime !). Tout cela sans n'y porter aucun jugement, ni aucune réflexion, et c'est cela que réside tout l'intérêt de ce conte, et laisse au lecteur tout le loisir de faire ses propres interprétations pour tenter peut-être de dénouer cette inextricable histoire...
Pour finir, Gruau d'ignames est le récit d'un homme misérable qui va enfin pouvoir réaliser son désir de se rasasier d'un mets royal, le gruau d'ignames. Cette histoire extrêmement simple, Akutagawa va nous la conter à travers les multiples péripéties d'un héros successivement en proie à la moquerie, l'envie, la naïveté, la peur, l'impatience...
Pour conclure, un bon petit livre (130 pages) pour découvrir le (ou les) styles d'Akutagawa, qui m'a donné envie de lire ses autres contes.
Je profite de ce billet pour vous faire partager un site que je viens de découvrir, Shunkin, qui donne un bon aperçu de ce qu'on peut trouver dans l'hexagone en littérature japonaise.
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